C’est officiel : Bordeaux présente sa candidature pour accueillir la Robocup 2020. De nombreuses entités privées et publiques la soutiennent pour héberger la coupe du monde des robots le 23 au 29 juin, en  2020. Le comité international dévoilera la ville vainqueur le 22 juin 2018, juste au moment où la Robocup 2018 prendra fin à Montréal.

Une candidature bien appuyée

Rhoban, l’équipe de football des robots de Bordeaux a rencontré un succès phénoménal lors de la Robocup 2016 et 2017. Ce produit du laboratoire bordelais LaBRI, d’Enseirb-Matmeca et du CNRS a en effet remporté la victoire durant ces deux années de suite. C’est grâce à ces victoires qu’est née l’idée de se porter comme candidat au Robocup 2020.

Après Montréal en 2018 et Sydney en 2019, la France voudrait donc accueillir, par le biais de Bordeaux, la plus grande compétition de robots et le plus grand évènement dédié à l’intelligence artificielle dans le monde. Et la ville a plein d’atouts dans sa manche. Avant tout, sa candidature est appuyée par la région Nouvelle-Aquitaine sur le plan financier. En plus du support de l’État, les aides financières viennent de tous les horizons. Parmi ses plus grands commanditaires, il y a Orange, Generation Robots, EDF et Thales. On remarque aussi la participation du rectorat de l’Université de Bordeaux, de l’établissement universitaire lui-même, sans oublier le soutien de la Fédération française de robotique. Un comité d’organisation de la Robocup 2020 a aussi vu le jour depuis le mois de janvier dernier.

Allez la cobotique

Parmi les principaux atouts de Bordeaux, n’oubliez pas le fait qu’il soit le leader français dans le domaine de la « cobotique ». Ce terme désigne tout simplement la robotique collaborative. Certaines des cobotiques issues des entreprises bordelaises sont déjà pleinement fonctionnelles et aident désormais les employés dans la réalisation de leurs tâches quotidiennes notamment en matière de manutention. En plus d’augmenter la productivité, elles contribuent à réduire les troubles musculo-squelettiques. Il regroupe bon nombre de start-ups œuvrant dans ce domaine. Cette région participe grandement à maintenir la renommée de la France en tant que meneur dans la recherche en robotique et en intelligence artificielle.

Une campagne de soutien en cours

La candidature bordelaise à la Robocup 2020 vise principalement la fédération de son public cible autour des enjeux socio-économiques de l’intelligence artificielle et de la robotique. L’Université de Bordeaux souhaite principalement atteindre le grand public, mais surtout les étudiants, les chercheurs et les entreprises lors de cet événement.

Dans ce cadre, elle a déjà lancé une campagne de soutien à cette candidature. L’université a mis en place un formulaire de soutien sur Google Drive. Il est possible d’y accéder en toute simplicité. Ce document  sera disponible pour tout le monde jusqu’au 17 juin 2018 prochain.

Ce n’est pas tout, parce que le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, apporte son soutien à cette initiative également. Il a tenu à souligner que :

«  Cet événement  va sans aucun doute créer un mouvement très enthousiaste en France et démontrer le haut niveau d’excellence de la recherche et de l’innovation françaises en robotique. »

Une bonne blague

Nous sommes tous loin d’imaginer qu’une organisation d’un tel sérieux part effectivement d’une bonne blague. C’est la chef d’entreprise Agnès Passault, à la tête du groupe Aliénor – Aquitem, qui a publié un tweet amusé après avoir assisté à la Robocup 2015. Ce tweet mettait au défi les passionnés de la robotique de Bordeaux de réussir à accueillir le Robocup 2020. Elle n’aurait jamais cru que son message serait pris au sérieux par ses cibles.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois que la France va être la scène de cet événement. En effet, elle a déjà eu la chance d’être son hôte en 1998. D’ailleurs, l’un des fondateurs de l’événement lui-même a déjà contribué à son organisation à ce moment-là et il fait aussi partie du Comité d’organisation de cette Robocup 2020. Il s’agit du professeur Dominique Duhaut. À la tête du comité d’organisation française, il est secondé par Olivier Ly et Jean-François Laplume parmi tant d’autres.

Viser les jeunes

Le public jeune, c’est l’une des principales cibles de la Robocup 2020 et les organisateurs français l’expriment haut et fort. Son objectif est de conscientiser les enfants et les adolescents sur les problématiques et les promesses des robots et de l’intelligence artificielle, mais aussi de générer des vocations.

Pour ce faire, ils ne vont pas attendre 2020 pour arriver à leur finalité. Des événements particulièrement dédiés à ce public sont déjà au programme. Parmi eux, il y aura la Robocup France Humanoid Open à Brest du 18 au 20 avril prochain et la Robocup France Junior Open à l’Enseirb-Matmeca du 3 au 5 mai prochain.

Ce dernier leur est entièrement consacré. Il verra la présence et la participation de 700 enfants. Le rectorat de l’université bordelais voit là « une belle occasion de présenter ces sujets et d’accompagner les jeunes qui iront vers les métiers de demain. »

La Robocup, qu’est-ce que c’est ?

Bien évidemment, il était impossible de clore cet article sans une bonne explication de ce qu’est réellement la Robocup.

Historique

La première Robocup a eu lieu en 1996 lors de l’IROS-96 (Intelligence Robotics and Systems), à Osaka, au Japon, sous l’initiative du professeur Alan Mackworth. Il s’agit d’un concours d’une envergure internationale axé sur le développement de la robotique et de l’intelligence artificielle. Il vise principalement à pouvoir créer une équipe de footballeurs humanoïdes capable de vaincre une équipe humaine d’ici 2050.

La Robocup en quelques chiffres

  • 45 nations participent aux compétitions de football humanoïde lors de la Robocup.
  • En tout, il y a 3500 participants chaque année.
  • 5000 robots se battent pour la victoire sur le terrain.
  • Ils font partie de 450 équipes en gros.
  • Le tournoi tient place dans une superficie de 3000 m².

Les ligues de football de la Robocup

Il existe plusieurs ligues qui participent à la Robocup :

  • la ligue Rescue, la compétition de sauvetage,
  • la ligue Work, le concours de travail,
  • la ligue Home, le tournoi des corvées ménagères,
  • la ligue Logistic, le défi des robots manutentionnaires,
  • et l’Amazon Pick Up Challenge.

Qu’en est-il de Rhoban ?

Rhoban est l’unique équipe de foot française inscrite dans la ligue du Football Humanoïde. Elle a été qualifiée pour les quarts de finale lors de la Robocup 2014 à Joao Pessoa, au Brésil. Un après, elle monte au podium pour obtenir la médaille de bronze lors de la Robocup 2015 à Heifei en Chine. C’est en 2016 à Leipzig, en Allemagne, qu’elle devient pour la première fois championne du monde dans cette catégorie et elle remporte la 1re place pour la seconde fois en 2017 à Nagoya, au Japon. Pour 2018, on espère aussi une nouvelle victoire à ramener au pays bien évidemment.

Bref, ce serait une belle prouesse pour la France de réussir cette candidature pour la deuxième fois. En plus d’être rentable, ce sera une occasion pour bien de gens de se voir en direct ce que les robots peuvent accomplir actuellement et ce que l’intelligence artificielle nous réserve pour le futur.

 

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